Nom de code Eagle Flight, roman
historique, Remi Perron
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Photographies du lancement,
28 septembre 2007
Salon du livre du
Saguenay-Lac-Saint-Jean
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agrandir - L’auteur monsieur Rémi Perron (deuxième à
partir de la gauche) reçoit son exemplaire en
reliure de luxe de son livre Non de Code Eagle
Flight lors du Salon du Livre du Saguenay le 28
septembre 2007.
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agrandir - L’auteur Rémi Perron dédicace un livre à
un travailleur en génie électrique de Alcan,
Saguenay.
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agrandir - L’auteur Rémi Perron dédicace un livre à
l’auteure Cécile Véz du Saguenay.
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agrandir - L’auteur Rémi Perron dédicace un livre à
une ex-coopérante du Saguenay qui a fait l’Afrique
et qui a connu le Rwanda dans des jours meilleurs
d’avant génocide.
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agrandir - L’auteur Rémi Perron dédicace certains de
ses livres aux personnes présentes lors du lancement
de son œuvre le roman Non de code Eagle Flight lors
du grand lancement de Hydro Québec au Salon du Livre
du Saguenay tenu du 27 au 30 septembre 2007.
Rémi Perron
Nom de code Eagle Flight
«La mission de 1993» Le Rwanda
et la naissance du Zaïrwandidanie
sur les collines de Massaka, Kigali.
Roman historique, 276 pages.
6 X 9 pouces ou 15 X 23 centimètres
ISBN 2-89612-181-1
Résumé / Présentation
Que s’est-il passé vraiment avant, pendant et après
les événements de 1994 ? Évènements qui mirent à feu
et à sang tout un peuple qui, jusqu’à ces
événements, semblait vivre dans un paradis terrestre
?
Qu’est-ce qui a fait qu’un ensemble d’événements
tous disparates les uns des autres et sans aucune
orchestration apparente mit un peuple en profonde
détresse ?
Comment se fait-il que la communauté internationale
mit tant de temps à écouter et à comprendre que ce
qui était en train de se passer était monstrueux ?
Cependant, tant d’exemples du vivant de nos pères et
de nos générations auraient dû normalement nous
mettre la puce à l’oreille !
Nous ne pouvons prétendre, comme à la guerre de
1939-1945, à l’ignorance des actes et des faits pour
excuser la destruction d’un peuple, d’une partie
d’un peuple…!
Tant de questions et pas de réponses, tant de
questionnement qui reste sans réponses plausibles,
que des suppositions.
Par ailleurs, il ne faudrait pas oublier ce qui
s’est passé. Nous avons beaucoup d’autres exemples
qui démontrent que d’autres humains vivent des
situations affreuses et exécrables actuellement. Ne
prenons que le Kosovo, L’Irak, l’Afghanistan, la
Somalie, le Soudan comme exemples immédiats. Non, il
ne faudrait pas oublier.
Il y a un proverbe viking qui dit que, même pauvres,
les hommes meurent riches si d’autres hommes
prennent la peine, à leur mort, de faire leur éloge
afin que vivent à jamais leurs mémoires.
Ce roman basé sur une fiction et les péripéties d’un
hypothétique agent secret, leur est dédié.
Table des matières
Prologue
Chapitre 1 Le Personnage
Chapitre 2 Le voyage et l’arrivée
Chapitre 3 L’installation
Chapitre 4 Le Plan
Chapitre 5 La mise en place du plan
Chapitre 6 La rencontre des Chefs de
guerre
Chapitre 7 L’entraînement
Chapitre 8 L’exécution de la finale du
plan
Épilogue
Au sujet de l’auteur
Communiquer avec l’auteur
11
15
31
53
83
115
151
183
231
257
265
267
Extrait - Premières pages
du chapitre I
Dédicace
À
Déograthias et Pancrace
mes
amis battus et abattus
par le fléau de cette crasse d'envie.
Rémi
Prologue
Que s’est-il
passé vraiment avant, pendant et après les événements de 1994?
Évènements qui mirent à feu et à sang tout un peuple qui, jusqu’à ces
événements, semblait vivre dans un paradis terrestre ?
Qu’est-ce
qui a fait qu’un ensemble d’événements tous disparates les uns des
autres et sans aucune orchestration apparente mis un peuple en profonde
détresse ?
Comment se fait-il que la communauté internationale
mit tant de temps à écouter et à comprendre que ce
qui était en train de se passer était monstrueux ?
Cependant, tant d’exemples du vivant de nos pères et
de nos générations auraient dû normalement nous
mettre la puce à l’oreille...!
Nous ne pouvons prétendre, comme à la guerre de
1939-1945, à l’ignorance des
actes et des faits pour excuser la destruction d’un peuple, d’une partie
d’un peuple…!
À l’air des
télécommunications par satellite et du « World Wide Web » la fameuse
grande toile d’araignée mondiale que sont Internet et les images en
direct par satellite des guerres comme celle de la guerre du Golf, de la
fichue mondialisation des économies, NON nous le savions, Alors
POURQUOI?
Tant de
questions et pas de réponses, tant de questionnement qui reste sans
réponses plausibles, que des suppositions.
Par
ailleurs, il ne faudrait pas oublier ce qui s’est passé. Nous avons
beaucoup d’autres exemples qui démontrent que d’autres humains vivent
des situations affreuses et exécrables actuellement. Ne prenons que le
Kosovo comme exemple immédiat. Non, il ne faudrait pas oublier.
Il y a un
proverbe viking qui dit que, même pauvres, les hommes meurent riches si
d’autres hommes prennent la peine, à leur mort, de faire leur éloge afin
que vivent à jamais leurs mémoires.
Ce roman est
une fiction qui raconte les faits et gestes hypothétiques d’un agent
spécial qui remplit une mission. Ce personnage fictif semble rendre
cohérent l’ensemble des actions et événements qui causèrent le massacre.
Il semble être capable d’orchestrer tout à coup cet ensemble d’éléments
disparates et sans aucun lien apparent, que tant de journalistes
racontèrent dans toutes sortes de tentatives d’explication du phénomène.
Il semble être le chef d’orchestre, sous la commandite des supers
puissances, capable de mettre tout à coup en chœur toutes les partitions
et qui en connaît tous les instruments, leur fonctionnement et leur
capacité.
C’est une
fiction pour nous faire réfléchir sur ce qui s’est peut-être passé! Une
orchestration peut-être ? C’est une fiction dont tous les personnages
prennent vie que dans l’esprit de l’auteur qui a vécu là bas de janvier
1990 jusqu’au rapatriement de lui et de sa famille le 30 juin 1993. Ce
sont ses yeux et ses réflexions qui lui ont servi de point d’ancrage
afin de réaliser cette fiction afin que ne meurent à jamais les âmes de
tous ces disparus.
J’ai écrit
ce livre en pensant à tous les êtres humains de toutes races, de toutes
ethnies et de toutes croyances confondues et qui ont disparu sans
comprendre pourquoi.
Sachez, vous
tous, qui êtes disparus, qu’il y a des êtres qui vous aiment et qui ne
veulent pas vous oublier. Des êtres qui, dans leurs croyances,
continuent de prier pour vous et pour votre salut.
* * *
CHAPITRE I
Le personnage
Par un bel après-midi de fin d’automne 1993 Monsieur Hans était de
retour à la maison. Cette dernière est peinturée d’un beau bleu ciel et
de type anglo-saxon avec ses treize pièces, trois salles de bains
complètes, deux demis et six chambres à coucher dont une suite. Monsieur
Hans aime les maisons situées dans de grands espaces calmes et libres à
la vue de tout obstacle. Sa maison est située dans un quartier de
banlieue d’une ville moyenne d’Europe du Nord, d’allure nordique et
accidentée, qu’une rivière traverse par une rivière à partir d’un fjord
reconnu pour les paysages féeriques.
Monsieur Hans est professeur en système d’information au sein d’une
faculté d’informatique et de mathématiques dans une université moyenne
et est aimé de ses étudiants et étudiantes. Bien qu’il est réservé et un
peu secret, il est néanmoins très apprécié de ses collègues pour son
coté cocasse et jovial. Âgé de trente-quatre ans, en pleine forme
physique, d’allure militaire et athlétique, mesurant un mètre
quatre-vingt-dix et pesant cent kilos, cela en fait un favori du
biathlon. C’est un sport d’hiver qui se compose d’une course de ski de
fond entrecoupée de tirs à la carabine. En revanche, en été son sport
préféré est le triathlon. C’est un sport qui, cette fois-ci, se compose
de trois épreuves qui sont la course à pied, la course à bicyclette et
pour finir de la natation. Toutefois, monsieur Hans le modifie quelque
peu en lui rajoutant une épreuve de tirs à la carabine entre chaque
étape. Autant pour la pratique d’hiver que pour celle d’été, ces
épreuves de tirs à la carabine consistent en un tir de cinq balles qui
doivent être regroupées en, au moins, un groupe de triangulaire parfait
de trois balles. Il est tellement performant à ces sports que ses
collègues universitaires ne comprennent toujours pas pourquoi il ne fait
pas les jeux olympiques. Une question de sa part qui est toujours restée
sans réponse. Dans sa langue d’origine, son sport s’appelle le « DREIKAMPF
DER ». La carabine qu’il aime utiliser pour ses pratiques est une
Gaucher-Armes de calibre 22 LR ayant un magasin de 10 coups et un
silencieux intégré au canon. C’était, disait-il, pour ne pas effrayer
les gens lors des pratiques du biathlon et du triathlon aux champs de
tir qu’il utilisait une carabine avec un silencieux.
—Bonjour ma
chérie ! Comment vas-tu ?
—Bonjour
mon amour. Ça va bien.
—Comment
ont été les enfants aujourd’hui ?
—Ils ont
tous bien fait. Les deux plus vieux ont été à l’école et le plus petit
est allé au jardin des enfants.
Monsieur Hans est marié depuis 1980 et est père de trois enfants qui
sont âgés respectivement de huit, six, et 4 ans. Ils ont tous les trois
les cheveux blond cendrés et les yeux d’un beau bleu limpide et
pénétrant l’âme lorsqu’on les regarde de plein front. Son épouse, âgée
de trente ans, fière allure et une apparence svelte; cinq pieds huit
pouces, jolie visage et d’un air déterminée. Diplômée, elle aussi, de
l’université où elle avait d’ailleurs connu Monsieur Hans lorsque
celui-ci lui enseignait les cours d’informatique, Le couple est heureux
et est sans histoire apparente.
—Dring !
Dring ! Dring !
—Oui !
Allô ! Répond madame.
—Monsieur
Hans s’il vous plaît.
—Oui ! Un
instant s'il vous plaît. Chéri ! C’est pour toi.
—Allo !
Monsieur Hans à l’appareil…
—Nom de
code Eagle Flight.
Monsieur Hans répond sans hésitation.
—Oui !
Monsieur, je peux retourner à la fac à l’instant et cela ne me cause
aucun problème.
—Allez, à
tout à l’heure.
—Chérie !
Chérie !
Madame est dans la salle de bain en train de débarbouiller le petit.
—Chérie !
Chérie!
—Oui ! Oui
mon amour.
—C’était le
Doyen de la fac au téléphone, je dois retourner là-bas, car il y a un
problème de calcul sur une des machines et c’est sur un projet
important.
—D’accord,
rentreras-tu très tard ?
—Non, je ne
crois pas, mais ne m’attend pas tu sais comment c’est l’informatique on
sait quand on commence mais on ne sait jamais quand c’est fini !
—Allez !
Les petits, venez embrasser papa.
—Au revoir
chéri !
—À ce soir
mon amour.
Monsieur Hans, dans sa voiture, semble songeur tout en se dirigeant à
son point de contact à l’université. Nom de code Eagle Flight lui
rappelait exactement ce qu’il avait à faire à sa réception : se rendre à
son point de contact prévu lors de son briefing (terme employé
couramment par les militaires en exercices).
Rendu à la fac, Monsieur Hans se dirige à son département, arrivé à son
bureau, allume son ordinateur, compose son nom d’utilisateur et son mot
de passe puis se dirige à la cafétéria de la fac et cherche du regard un
homme ayant une pipe rouge non allumée dans la poche gauche de son
veston. Après un balayage de la salle, il l’aperçoit et d’un pas normal
se dirige vers un siège libre près de lui. Tout en déployant un bouquin
qu’il avait pris soin d’apporter avec lui, il dit 117 à voix basse pour
que son voisin l’entende. L’homme en question dit sans le regarder comme
si rien n’était : nom de code Eagle Flight, salle 325, troisième étage
et demandez monsieur Anderson. Puis l’homme à la pipe rouge se leva et
s’en alla. Monsieur Hans se dirigea vers l’ascenseur de la fac et alla
au troisième étage. La salle 325 était dans un coin assez sombre de
l’étage à l’endroit où les étudiants venaient déposer les volumes
empruntés et à retourner à la bibliothèque de la fac lorsque celle-ci
était fermée. Les allers et venues de tous et chacun passaient presque
inaperçus. Monsieur Hans entra dans la salle 325 et dis 117.
—Nom de
code Eagle Flight.
—Refermez
la porte derrière vous, dit une voix rauque et ferme.
Monsieur Hans obtempéra.
Il y avait dans la salle une petite table et quelques chaises que les
étudiants utilisent pour faire des travaux de groupe.
—Monsieur
Anderson, dit-il ?
—Oui !
Assoyez-vous Monsieur Hans!
—Je ne
pensais plus d’avoir un nom de code Eagle Flight depuis lors.
—Avez-vous
oublié que vous avez été formé et entraîné à cette optique le cas
échéant?
—Non !
Non ! Mais, depuis le temps, dix-huit mois maintenant, je croyais que le
système n’avait plus besoin de moi.
—Monsieur
Hans, lorsque le système n’aura plus besoin de vous il vous le fera
savoir sans équivoque. Alors ! Voilà ! Vous avez la mission d’aller dans
un pays d’Afrique Centrale sous le couvert d’un professeur participant à
un échange de compétence inter pays. Vous partirez en février 1994 sous
le principe d’un échange interuniversitaire impliquant plusieurs
professeurs pour une période de six mois et dont vous serez le premier
afin d’enseigner des séminaires en informatique. Par attribution, chaque
professeur aura théoriquement un mois pour son séminaire. Cependant,
vous aurez un mois pour mettre en place les concepts du plan en même
temps que votre séminaire. Par la suite, vous aurez à organiser la
déstabilisation du régime actuel en vue de le remplacer par un système
plus ouvert à nous et à nos amis. À l’échéance, le tout doit apparaître
à la presse étrangère et à l’opinion internationale comme étant un
problème ethnique national du pays existant depuis longtemps qui
ressurgit. Le pays est actuellement en déboire avec des rebelles depuis
octobre 1990. Bien entendu, les dirigeants des ministères des affaires
étrangères et de l’éducation d’ici savent qui vous êtes et vont faire en
sorte que tout soit organisé pour que tout semble cohérent quant à votre
participation à l’échange international. Une fois rendu sur place, vous
aurez à vous organiser avec les contrats que nous vous donnerons pour
être en mesure d’accomplir votre mission. Vous avez rendez-vous demain
avec le chef de mission spéciale au ministère des Affaires étrangères
afin de prendre les dispositions pour votre départ et pour votre
briefing de mission. Ils pourront répondre à vos questions sur place.
D’ici là, vous aurez en vos mains une lettre du recteur de l’université
afin de pouvoir vous excuser et expliquer votre voyage à vos proches et
à vos collègues du département. Voilà ! C’est tout.
Sur ce, Monsieur Hans se leva, quitta la salle 325 et retourna à son
département afin de travailler sur son ordinateur et de se débrancher
afin que son temps de présence à l’université soit enregistré dans le
journal d’entrée informatique du département. Cela suffirait à justifier
à son épouse ou à tout autre qu’il avait travaillé cette journée là et à
des heures précises.
—Bonsoir !
Chérie, je suis de retour.
—Bonsoir
mon amour ! As-tu bien travaillé à la fac ?
—Oui, tu
sais, les histoires de problèmes de calcul c’est presque toujours une
mauvaise déclaration de variable ou de constante.
—Ah ! Oui,
ils sont bien chanceux à la fac que tu sois tant disponible.
—Tu sais
chérie, c’est ce qui fait mon prestige à la fac d’être si disponible
pour mes étudiants. Le Doyen apprécie beaucoup et c’est bon pour moi.
Rappelle-toi d’ailleurs que, lorsque nous nous sommes connus, tu
appréciais grandement cette disponibilité. C’est comme cela que nous
sommes tombés amoureux tous les deux
—Oui !
Oui ! C’est précisément ce qui m’inquiète.
—Ah ! Ah !
Tu sais chérie, tu es la seule à savoir profiter jusqu’au bout de cette
disponibilité.
—Hum ! Qui
sait ?
—Les petits
sont-ils couchés ?
—Oui ! Et
ils te font tous des bisous et ils te souhaitent de faire de beaux
rêves.
—Ah ! Les
chers petits amours.
Le lendemain M. Hans se rendit au ministère des affaires étrangères
rencontrer le chef de mission spéciale. La capitale n’étant qu’à deux
heures de l’université Monsieur Hans n’avait pas eu besoin d’avertir son
épouse de son départ et la lettre signée par le recteur avait suffit à
l’excuser auprès de son directeur de département et de ses collègues.
Le département spécial du ministère était au fond d’un couloir lugubre
dans le sous-sol d’un édifice de plusieurs étages édifié dans le
centre-ville de la capitale. Pour y accéder, il fallait passer à travers
plusieurs contrôles et plusieurs portes à accès protégés et à ouverture
commandée par un code secret sur une carte magnétique avec les
empreintes de l’agent enregistrées sur la carte et qui était activée par
un mot de passe que seul l’agent savait et confirmé par un autre mot de
passe que seul les officiers de sécurité connaissaient.
— Bonjour ! Eagle Flight dit une voix haute et claire.
— Bonjour ! Chef.
— Nous revoilà repartis pour une autre mission.
— Ah ! Oui ! Et, après dix-huit mois, cela me fera du bien.
— Bon, venez, nous allons à la salle de briefing où vous recevez tous
les détails connus de cette mission.
La salle de briefing était accessible par une porte avec serrure à
combinaison connue par le chef seulement. Elle était plus longue de
forme rectangulaire avec les murs capitonnés, truffés de trucs d’écoute
électronique. Il y avait dans la salle une foule d’agents qui allaient
et venaient comme des fourmis dans une fourmilière. Dans un coin de la
salle il y avait un genre de bureau dont les murs étaient vitrés de
vitres blindées de telle sorte que l’on pouvait tout voir à l’intérieur
du bureau de la salle et vice versa dans la salle à l’intérieur du
bureau. Sur un genre de tableau portatif il y avait une carte d’Afrique
avec plein de petits drapeaux épinglés et de différentes couleurs. Sur
une table il y avait d’autres cartes mais dont l’échelle était plus
grande que celle sur le trépied. On ne pouvait y voir plus de détails
que sur les grandes cartes. Autour de la table, il y avait six chaises
dont quatre étaient occupées.
— Bonjour Messieurs, dit le chef de mission.
— Bonjour Allan ! Répondit un homme d’âge mûr et bâti comme un athlète
dans la trentaine.
— Messieurs j’ai le plaisir de vous présenter Eagle Flight. C’est un de
nos meilleurs agents spécialisés.
— Bien le bonjour à vous, Eagle Flight.
— C’est trop de gentillesse messieurs.
— La gentillesse n’est pas pour nous, Eagle Flight, de dire l’homme qui
avait salué le chef de mission.
— Ce qui est pour nous, c’est l’efficacité et, jusqu'à maintenant, vous
avez toujours été efficace. C’est ce qui vous a précédé Eagle Flight.
— Eagle Flight, laissez-moi vous présenter le général Alexander le
spécialiste de l’Afrique, dit le chef Allan.
— Bonjour mon général!
— Assoyez-vous Eagle Flight, nous allons procéder à la présentation des
éléments de votre mission.
Pendant deux heures trente Eagle Flight vit et entendit le va-et-vient
autour de la table des quatre hommes présents dans la pièce, lors de son
arrivée. Chacun avait sa propre spécialité. Le général Alexander,
c’était l’Afrique politique. Il y avait aussi un spécialiste
géographique, ethnique et historique. Tous, ensemble, lui brossèrent un
tableau de cette partie d’Afrique noire. Ils lui démontrèrent
l’important de la réussite de sa mission. Puis à la fin, Allan le chef
de mission prit la parole.
— Eagle Flight ! Cette mission est très importante. Vous aurez comme
contact sur place en Afrique des Français, des Américains, des Belges et
des anglais. Les Français et les Belges font partie de la coopération
volontaire militaire. Les Américains et les anglais du corps de
renseignement. Chacun ayant une présence physique dans votre université
d’attache et un conseiller militaire à son ambassade respective dans la
capitale politique du pays. De plus, et cela est très important, il y a
sur place un groupe armé de la ONPU (Organisation des Nations Patentées
Unies) qui surveille les va-et-vient de tout ce qui peut ressembler à
des manœuvres de déstabilisation du pouvoir en place. Ce groupe sera à
surveiller car il sera contre vous et vos actions.
— Lors de votre transit à Paris Charles de Gaules, vous descendrez à
Roissy et, entre votre arrivée et votre correspondance, allez aux 54,
rues de l’Église et demandez Charles. Il vous donnera tous les détails
de tous les contacts tant Français, Belges, Américains qu’anglais..
— C’est tout, dit Allen.
— Bien chef, répondit Eagle Flight.
— Messieurs, dit le général Alexander, le briefing est terminé. Nous
nous reverrons pour votre débriefing à votre retour de mission.
Sur ce, tous se levèrent et quittèrent le bureau de la salle de
briefing. Puis le chef de mission reconduit Eagle Flight au niveau des
départs. Ils repassèrent à travers toutes les portes contrôlées et les
contrôles informatisés.
— Vous savez, Eagle Flight, cette mission est très importante pour nous
et nos amis communs.
— Chef, je prends toujours mes missions au sérieux, répondit-il.
— Voilà, retournez à votre tâche conventionnelle et attendez le code
rouge de nouveau. Il vous donnera vos instructions de départ lorsque le
moment sera venu. Sur ce portez-vous bien et préparez-vous à votre
mission.
— Au Revoir chef !
D’un salut militaire, Eagle Flight salua son chef et s’en retourna.
Pendant son retour de la capitale nationale, M. Hans sentit monter en
lui cet étrange sentiment paradoxal qu’il avait déjà ressenti en lui.
Cet étrange sentiment le déchirait entre l’envie de rester à la maison
avec femme et enfants et de s’occuper de son travail quotidien et
l’envie de partir en mission et à l’aventure. Il savait fort bien que
lorsqu’il recevait un code Eagle Flight qu’il aimait à revivre cette
sensation d’adrénaline. Il avait appris à vivre avec. C’était comme s’il
avait besoin de ressentir cet étrange sentiment pour pouvoir vivre;
c’est une forme de drogue, quoi ? Il revoyait dans son esprit la scène
qui se préparait. Il lui faudrait avouer à son épouse qu’il devrait
repartir pour un échange de compétence internationale. Son épouse savait
que M. Hans était recherché pour son savoir dans le monde de
l’informatique. Il est plus précisément un informaticien, un
cogniticien, un expert dans le domaine de l’intelligence artificielle.
Son domaine d’expertise en intelligence artificielle était celui de
l’apprentissage des connaissances par de tels systèmes. Et il n’est pas
rare que l’on fasse appel à lui pour consultation dans son domaine
d’expertise. Et qui plus est, il lui annoncerait le soir même qu’il
devra partir en mission.
— Allo ! Chérie ! Je suis de retour.
— Ah ! Te voilà enfin! Les enfants ne tiennent pas en place aujourd’hui,
ils avaient hâte de te revoir.
— Comment a été ta journée à la fac ?
— Comme à l’habitude, j’ai fait plusieurs révisions de projets
d’étudiants. Tu sais comment ils sont. Parfois ils s’embarquent dans des
projets interminables. On doit les remettre sur le bon chemin. Et toi,
ta journée a été comment !
— Eh bien devine ! Aujourd’hui j’ai eu la visite de ta mère. Les enfants
étaient très heureux de la revoir. Elle va très bien et toujours très
volubile en nouvelles de toutes sortes.
— Chérie ! J’ai une nouvelle à t’annoncer.
— Ah ! Oui ! Et c’est quoi ?
— J’ai été choisi par l’Université pour participer à un échange de
compétence international dans mon domaine d’expertise en informatique.
— Ah ! Oui ! Et où vas-tu cette fois-ci?
— Tu ne le devineras jamais, en Afrique centrale.
— Où dis-tu ? Dit-elle, d’une voie ébranlée.
— En Afrique centrale.
— Ah ! Bon et quand parts-tu ?
— Tu sais, ce n’est pas pour demain matin. Le Doyen de la faculté ne m’a
rien dit de précis quant à la date de départ mais je sais que c’est vers
février 1994. D’ailleurs, demain je dois rencontrer le Recteur de
l’Université pour de plus amples informations.
— Eh ! Bien, te revoilà parti de nouveau! Tu sais, quand tu nous quittes
comme ça, j’ai toujours d’étranges sentiments qui montent en moi.
— Ne t’en fais pas chérie, je sais que cela peut te paraître triste et
déplaisant. Mais, c’est bon de savoir que je suis apprécié dans le
domaine de ma science. Cela va finir par être bon pour nous tous. Tu
verras bien qu’un jour, j’occuperai un bon poste et je n’aurai plus à me
déplacer aussi souvent que présentement.
En lui-même, monsieur Hans savait bien que pour lui, qu'il ferait en
sorte que ce jour soit le plus loin possible. Le soir venu, il n’était
pas rare pour lui, lorsque sa femme et ses enfants étaient au lit,
d’aller travailler dans son bureau qui occupait le dernier étage de sa
maison. Son bureau était un vrai petit musée rempli d’objet de toutes
sortes. Bien sûr, on y retrouvait un micro ordinateur sur place tout
équipé des dernières trouvailles en multimédia : carte de son, colonne
de son, disque compacte, vidéo digitale, souris, crayon optique, écran
couleur tactile, scanner, synthétiseur, imprimante laser couleur et bien
d’autres. Mais aussi, bien d’autres choses qui n’ont rien à voir avec
l’informatique. D’abord, beaucoup de volumes de toutes sortes et de
différents auteurs. Déployés dans des étagères de bois francs nobles
acculés aux murs du bureau. Puis dans un râtelier, des armes de
collections de tout gabarit : des arcs, flèches, lances, armes blanches,
fusils de chasse et de ci de là des babioles accrochées aux murs là où
il y avait des espaces vides non occupés par des volumes. Puis,
accrochés un peu partout, des masques, des tableaux, des souvenirs de
toutes sortes de ses différents voyages que ses milles et unes aventures
lui avaient donné l’opportunité d’acquérir. Ah ! Qu’il aimait se
retrouver dans ce bureau ! Son imaginaire se remettait à courir et à
parcourir tout l’espace et le temps qu’il possède bien a lui. Puis,
Monsieur Hans alla dans un classeur près de sa table de travail en bois
de teck sculpté et ouvrit un des tiroirs et en sortit un genre de petit
calepin et se mit à écrire son plan de mission. Son plan de mission
militaire allait élaborer sa situation, sa mission, son exécution, son
soutien logistique, son commandement et sa transmission. Dans le jargon
de son milieu il appelait ça faire son SMESC : anagramme composée des
premières lettres de chacun des mots des titres de son plan de mission.
Chaque fois qu’il partait en mission, il préparait toujours son SMESC.
Il pouvait passer des heures à l’écrire. Il pourrait l’écrire
directement à l’ordinateur, mais il aimait bien sentir la plume dans sa
main et entre ses doigts et la faire glisser sur le papier tout en
composant son plan de mission militaire. Il travailla jusqu’aux petites
heures du matin, puis alla se coucher. Mentalement, il était prêt, il ne
lui restait plus qu’à attendre son nouveau contact.
Le lendemain matin au petit déjeuner, il arriva un petit fait cocasse.
Alors que monsieur Hans était à servir le petit déjeuner aux enfants, le
petit dernier de 4 ans lui demanda dans un langage enfantin, pourquoi il
avait lui, son papa, des dessins sur ses bras et pas lui. Monsieur Hans
ressentit monter en lui les souvenirs et les significations de ses
dessins comme disait le petit. Les dessins en question étaient ce qui
restait, à part de sa grande forme physique, d’apparent de son passage
dans les forces spéciales du pays. C’était des tatouages et chacun des
quatre tatouages représentait une étape qu’il avait franchie au fil des
dix ans passés au sein des forces spéciales. Que des fois ces tatouages
lui avaient valu des différends causés par les préjugés et les
stéréotypes que la plupart des gens ont envers les tatouages et ceux
qu’ils les portent ! Monsieur Hans en avait sur les deux bras et sur la
poitrine. Plus précisément, deux sur le bras droit, un sur le bras
gauche et un sur la poitrine du coté du cœur. Trois de ces tatous
représentaient des scènes avec des aigles et celui de la poitrine une
scène de fleurs. On pouvait lire sur celui qu’il portait au bras gauche
une devise écrite en anglais « Death before dishonnor ». C’étaient, avec
celui de la poitrine, les plus importants en termes de souvenirs. Que de
fois à l’université, il avait dû faire face à ses collègues par rapport
à ses tatouages et aux stéréotypes. Mais on ne sait pourquoi, il avait
toujours été maintenu en place à son poste depuis qu’il avait intégré la
carrière de professeur universitaire en informatique.
—Ça mon
garçon, ce sont des tatouages.
—Est-ce que
cela pousse tout seul ? Est-ce que je vais en avoir moi, un jour, des
dessins qui vont pousser ?
—Ah ! Ah !
Non ! Non ! Mon petit, il faut se les faire dessiner sur nous par des
gens qui en font leur métier.
—Ah ! Bon,
est ce que cela fait bobo ?
—Ah ! Oui
mon chéri !
—Eh ! Bien,
moi je n’en veux pas, si cela fait bobo.
—Ne t’en
fait pas mon petit, il n'y aura pas de dessins qui va pousser sur ta
peau et tu n'auras pas de bobo.
—Allez,
mange ton petit déjeuner et tes céréales, maintenant.
Les deux autres petits se mirent à rire ensemble. Car tous les deux, ils
avaient déjà un jour posé les mêmes questions à leur père. Pour eux
maintenant, cela faisait partie de la physionomie de leur papa et ils ne
posaient plus de questions sur ces drôles de dessins sur la peau de
papa.
Au même instant, l’épouse de monsieur Hans arriva à la salle à manger et
se mit à rire, elle aussi, à son tour un jour, lui avait posé
sensiblement les mêmes questions. Pour elle aussi maintenant, tout cela
lui paraissait faire partie de l’anatomie de son mari.
Quand madame Hans avait connu son mari, il était déjà au sein des Forces
Armées Spéciales du pays. Elle ne savait pas qu’il faisait partie des
forces spéciales, elle ne l’avait jamais su, pas plus maintenant
qu’hier. Elle l’avait toujours vu et connu comme professeur à
l’université. C’était là son port d’attache, sa couverture que lui avait
préparée le haut commandement des Forces Spéciales. Qui pouvait prévoir
qu’un professeur d’informatique au sein d’une faculté d’Université est
un membre éminent des Forces Armées Spéciales du pays ? De surcroît, un
homme marié et père de trois enfants. Ah ! Oui, la couverture était
excellente.
Au sujet de
l'auteur
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Cet homme marié et père de famille de trois
enfants, ancien coopérant, professeur à
l’Université du Québec à Chicoutimi et
détenteur d’une maîtrise en sciences de la
gestion, a passé près d’une décennie à
travailler comme coopérant en Afrique au
développement du continent.
Ces voyages l’ont amené lui et sa famille au
Rwanda, Kenya, Tanzanie, Burundi, Gabon,
Maroc, Mauritanie, Sénégal et Côte d’Ivoire.
Depuis son retour du continent africain en 2002, il
a occupé plusieurs postes reliés au développement
dans la région de la Côte Nord au Québec.
Il a entrepris la rédaction de ce roman à Sainte
Anne de Bellevue au lendemain de son rapatriement en
juin 1993.
Il a par ailleurs écrit plusieurs poèmes qui lui ont
étés inspirés par l’Afrique qu’il aime de tout son
être. Il a aussi l’intention de les publier à la
même fondation littéraire.
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